Interdiction de l’orpaillage à Siguiri : le Burkina Faso fait état de « blessés par balles » parmi ses ressortissants
L’opération visant à mettre fin à l’orpaillage illégal dans la région de Siguiri prend une dimension diplomatique. Au-delà de la volonté des autorités guinéennes de lutter contre la dégradation de l’environnement, l’intervention suscite désormais des réactions au Burkina Faso, d’où sont originaires une grande partie des orpailleurs concernés.
Depuis la décision prise le 2 novembre 2026, plusieurs orpailleurs clandestins, majoritairement burkinabè, ont quitté la région de Siguiri pour rejoindre le Mali, après avoir été contraints d’abandonner leurs activités.
Si les autorités guinéennes défendent une opération destinée à préserver les ressources aurifères du pays, tout en imposant le respect des lois et des normes environnementales, leurs homologues burkinabè regrettent, de leur côté, les conditions dans lesquelles elle a été menée. Elles dénoncent notamment l’absence de concertation et d’avertissement préalable.

« Il faut souligner que cette opération, malheureusement, est fort déplorable et regrettable. Parce qu’on se dit qu’une telle opération ne peut quand même pas être déclenchée sans une planification. Et qui parle de planification, parle aussi d’évaluation des conséquences et des implications. En aucun cas, ni les autorités maliennes, ni les autorités burkinabè ont été informées à l’avance de cette opération. Tout ce qui n’a pas permis d’anticiper également sur ce qui se passe actuellement », a déploré Mahamadou Sana, ministre burkinabè de la Sécurité, lors d’une visite à Bamako, ce mercredi 4 novembre 2026, rapporté par la RTB.
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Le responsable burkinabè a également évoqué l’ampleur des déplacements vers le Mali. Selon ses déclarations, ils seraient plusieurs milliers de ressortissants burkinabè à avoir quitté Siguiri. Il a surtout fait état de blessés parmi eux, certains présentant des blessures par balles.
« Deuxièmement, de ce qui nous remonte, en tout cas, nous avons enregistré fort déplorables des blessés, même parfois des blessés par balles, ce qui laisse croire que nos compatriotes ont subi des traitements cruels, inhumains et dégradants. En tant que pays frère, cela est réellement regrettable et il était nécessaire de souligner cela. »
Ils sont estimés à quarante-cinq mille (45 000) burkinabè vivant en Guinée dont la majorité travaillent dans l’orpaillage artisanal.
Il convient toutefois de rappeler que l’opération engagée par les autorités guinéennes ne vise pas spécifiquement les ressortissants étrangers, contrairement à certaines interprétations. Elle s’inscrit avant tout dans une démarche de lutte contre l’orpaillage illégal, face à une situation environnementale jugée préoccupante dans la région de Siguiri.



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