Guinée: quand l’argent public transforme les artistes en courtisans et les réseaux sociaux en marché d’indecence
C’est une folie ! La Guinée est devenue une véritable source d’argent pour les artistes, les opérateurs culturels et les vlogueurs africains.
Magic System, à travers son projet FEMUA, a misé sur la Guinée pour obtenir un financement. Youssou Ndour a été reçu par le Premier ministre guinéen dans le cadre du soutien à son concert à Paris.
Pour la campagne référendaire, des milliards auraient été mobilisés pour Wally Seck qui, visiblement séduit par le pactole proposé, aurait saboté le projet qui l’avait conduit en Guinée.
Koffi Olomidé a clôturé la campagne du GMD à coups de milliards. Black M, en quête d’un nouveau souffle dans le rap français, est venu se réinventer en Guinée et y amasser des milliards pour relancer sa carrière.
Takana Zion, en manque de projets pour se valoriser à l’international, a choisi de devenir un reggaeman de salon, chantant les louanges du régime de Mamadi Doumbouya contre de généreuses rémunérations.
Aujourd’hui, certains semblent avoir compris qu’une chanson à la gloire du président peut rapporter davantage que des années de travail artistique : milliards, villas et grosses voitures. Azaya, Yama Sega, Sona Tata, Fodé Baro, Banlieuz’art, Nakany Kanté, Fodé Kouyaté, Sayon Camara et bien d’autres évoluent dans cet environnement.
Certains artistes en manque de repères se sont même transformés en insulteurs publics, récompensés pour leurs injures et leurs grossièretés contre les parents de ceux qui critiquent le pouvoir. Parmi eux figurent notamment Singleton, Mousto Camara, Antoine Flingo et bien d’autres.
Le message du régime de Conakry semble avoir dépassé les frontières : pour gagner facilement de l’argent sans dépendre des cachets de concert, il suffirait de trouver des entrées auprès des autorités guinéennes ou de dédier une chanson au président. Les cas de Koffi Olomidé après son passage en Guinée, d’Ismaïla Kanouté, de Nampé Sagno et de Moustapha Sidibé, du Mali, alimentent ces interrogations.
Et les vlogueurs ? La Guinée est devenue un véritable robinet d’argent pour ceux qui savent insulter, calomnier et mentir sur les réseaux sociaux. De Maya Kaba à Makosso, en passant par les soi-disant griots Nouman Kouyaté, Djiba Kouyaté, Onasix, Lilka Damaro, Baraka Tigui, Oumar Oulada Souaré, Jah Aly, Agi le King, Paikoun Sarè, Iba Bocoum, ainsi que les soi-disant imams Kallo et Savané de 5 minutes de rappel, la liste est longue.
Des dizaines de véhicules, des milliards de francs guinéens et plusieurs maisons ont été distribués, au prix de dépenses considérables, pour promouvoir une propagande souvent marquée par les attaques et les invectives.
Quel message un régime qui finance la facilité, la médiocrité et la délinquance, récompense l’indécence et s’affiche fièrement aux côtés des plus grands insulteurs publics du continent adresse-t-il à sa jeunesse ?
Qu’est-ce que la République gagne dans une telle ignominie ? Quelle est la valeur ajoutée de ces dépenses ? Pendant ce temps, les routes nationales s’affaissent, les écoles sont délabrées, les structures sanitaires manquent d’équipements et les ménages ploient sous le poids de la pauvreté.
Au lieu de développer le pays, on continue de danser. Au lieu de créer de la richesse, on entretient la mendicité. Au lieu d’encourager les citoyens à travailler dans la dignité, on semble les orienter vers la facilité et la malhonnêteté.
Où va la Guinée ? De quel modèle de gouvernance s’inspire-t-elle pour instaurer un tel système ?
Oumar Sylla, citoyen indigné



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