Perquisition chez des proches de Félix Tshisekedi en Belgique: ce que l’on sait de l’enquête ouverte pour blanchiment
Après les perquisitions chez des proches de Félix Tshisekedi en Belgique, Me Bernard Maingain, avocat des parties civiles, dit sa confiance dans la justice. L’enquête pour blanchiment fait suite à des plaintes dénonçant un pillage présumé des ressources minières dans le sud-est de la RD Congo.
« Nous sommes soucieux que nos clients entendent qu’il y a ce travail de recherche de la vérité qui est en cours« , déclare Me Bernard Maingain après les perquisitions menées en Belgique chez des proches du président de la République démocratique du Congo, Felix Tshisekedi. L’avocat des parties civiles s’est exprimé sur X, dans un échange avec le journaliste congolais Stanis Bujakera Tshiamala.
« J’ai une grande confiance dans le travail des enquêteurs du parquet fédéral et du magistrat instructeur« , assure Me Bernard Maingain. Au lendemain des perquisitions du 14 octobre 2026, l’avocat belge souligne l’importance de l’enquête pour ceux qui lui ont confié leurs témoignages. « C’est un dossier où j’ai reçu énormément de confidences« , assure-t-il.
Ces opérations s’inscrivent dans une instruction judiciaire pour blanchiment, ouverte après des plaintes déposées en juillet 2025. Le parquet fédéral belge confirme des perquisitions « à Bruxelles et dans plusieurs communes des Brabants flamand et wallon« , sans préciser l’identité des personnes concernées.
Un avocat tenu au secret professionnel
Maître Maingain indique ne pas avoir été prévenu des opérations. « Ce n’est pas la règle en droit belge« , explique-t-il. Il raconte qu' »il a fallu un certain temps avant d’avoir la confirmation que c’était effectivement des perquisitions qui étaient encore [en] cours« .
Sur le détail des investigations, il reste réservé: « Je m’en tiens au communiqué du parquet fédéral« , déclare-t-il. L’avocat insiste sur les limites de sa prise de parole. « Comme avocat, je veux absolument réserver le caractère secret de l’instruction« , insiste-t-il.
Une villa utilisée par le couple présidentiel
Selon RFI et Le Soir, ces opérations ont visé des résidences de membres de la famille du président de la République démocratique du Congo. Parmi elles figure, d’après Le Soir, une villa du quartier Fond’Roy, à Uccle, utilisée comme résidence secondaire par le couple présidentiel.

Félix Tshisekedi n’est pas lui-même directement concerné par les perquisitions, précise RFI. Dans une enquête publiée en 2023, le quotidien belge avait rapporté que cette demeure était louée au nom de la première dame, Denise Nyakeru, pour 20.000 euros par mois.
Elle appartient, selon le journal, à Robert Levy, fondateur et président de la Trust Merchant Bank (TMB), l’une des principales banques en République démocratique du Congo. Félix Tshisekedi n’est pas, lui-même, directement concerné par les perquisitions, précise RFI.
Le parquet précise qu’elles interviennent dans le cadre d’une instruction judiciaire pour blanchiment, après des plaintes déposées par des organisations non gouvernementales en juillet 2025.
Des accusations de pillage minier
À l’origine du dossier, il y a une plainte déposée le 8 juillet 2025 par l’avocat bruxellois Bernard Maingain. Le journal Le Soir rapporte qu’elle a été introduite au nom de plusieurs ONG de la région minière du Katanga et de quatre anciens directeurs de la Gécamines, l’entreprise minière publique congolaise.
Les plaignants dénoncent un « pillage » présumé de sites miniers dans les provinces du Haut-Katanga et du Lualaba. Ils mettent en cause plusieurs proches du chef de l’État, notamment son épouse, sa belle-sœur, ses fils, ses frères et ses cousins, qu’ils accusent d’être « coauteurs et complices d’actes de corruption et autres comportements infractionnels« .
Selon RFI, qui a pu consulter la plainte de 80 pages, des faits présumés de détournement et d’infractions financières sont également évoqués. Cette mise en cause avait été précédée, en avril 2025, d’un rapport de la plateforme DESC/RDC, qui rassemble des organisations de défense des droits économiques, sociaux et culturels, dénonçant une mainmise présumée de membres de la famille présidentielle sur des ressources minières du Katanga.
Pourquoi une enquête en Belgique ?
La nationalité belge de plusieurs personnes mises en cause a motivé la démarche des plaignants auprès de la justice belge, explique Bernard Maingain au Soir. Selon RFI, neuf des personnes citées dans le rapport de DESC/RDC possèdent cette nationalité.
L’avocat évoque également « d’autres personnes » dans son « collimateur« , sans les nommer. À ceux qui témoignent, il adresse ce message: « Restez confiants. »
Source: https://information.tv5monde.com/afrique




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